Dès son ouverture en 1999, un matin tous les mois, la tour Limite Limite accueillait des «petits déjeuners interculturels». L’organisation locale des femmes, animée principalement par des dames d’origine maghrébine, offrait du thé frais, du café fort et


de la douceur méditerranéenne – couleur locale dans le quartier depuis les années 1970 – avec un coup de pouce de la caféine obligatoire. La musique était parfois live, sinon préenregistrée.

La position stratégique de la tour s’est avérée idéale pour les ambitions des dames. Situé sur la rue Dupont, la route reliant la gare du Nord aux immeubles de bureaux et aux écoles au sommet de la pente, c’était sur la piste quotidienne de plusieurs centaines de navetteurs. Attirés par le doux parfum, les étudiants et les employés de bureau qui passaient dans le quartier partageaient un murtabak avec les résidents locaux et perdaient ainsi une partie leur anonymat.